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Le reine du crime...

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27 novembre 2004

Kill Bill Volume 1 Je suis fan de Quentin

Kill Bill Volume 1

Je suis fan de Quentin Tarantino. J'ai découvert, il y a quelques mois, son dernier film: J'adore!!! J'ai acheté derniérement le coffret* collector limité, j'en profite donc pour vous faire partager ma passion du moment. Voici tout ce que j'ai trouvé sur internet à propos de Kill Bill volume 1.

*Le coffret collector de Kill Bill  

 

Synopsis:

Un mariage en plein désert : un commando fait irruption dans la chapelle, massacre les mariés et leurs invités et disparaît, laissant pour morte la Mariée et l'enfant qu'elle porte.

Après quatre ans de coma, la Mariée se lance à la poursuite des assassins, membres du gang de Bill au sein duquel elle-même exerça autrefois ses talents de tueuse.

Redevenue la redoutable Black Mamba du Détachement International des Vipères Assassines, la Mariée n'a plus qu'une obsession : tuer Bill.

Casting:

(Cliquez sur les noms pour acceder à leurs fiches.)

Critique de la presse:

« Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Jackie Brown (…) n'allaient pas aussi loin que Kill Bill Volume 1 dans l'abstraction ludique, pour le pur plaisir de la perfection visuelle. »
« En chapitres d'inégale longueur, et dans une chronologie chamboulée pas une succession de flash-back, il s'offre une anthologie du cinéma de genre, un best of de tout ce qui a fait vibrer ce spectateur singulier. »
« Grâce à son interprète, Uma Thurman, porteuse d'humanité dans ce monde d'artifices, il dépasse l'exercice de style… »
Télérama


« Kill Bill ressemble à la bande-annonce grandeur nature du film ultime rêvé par Tarantino, un medley frénétique faisant se succéder les scènes pyrotechniques, les morceaux de bravoure à l'ancienne, sans effets spéciaux, les entrées de champ ultra-sexy, sur des musiques toutes plus décalées les unes que les autres… »
« …le film le plus jouissif, le plus creux, le plus violent et le plus riche en références cinéphiliques de l'année. Un plaisir absolu, une surface, une illusion, et c'est pour ça qu'on aura envie de le revoir. »

Elle


« Dès le générique de Kill Bill Volume 1, asiatique, ironique, marrant, éclatant, annonçant la (les) couleur(s), on est ferrés. Par cette histoire découpée en chapitres, chacun se référant explicitement, stylistiquement, chromatiquement, dramatiquement à un genre du cinéma populaire chinois, japonais, hong-kongais, de sabre de kung-fu, de yakusas, de samouraïs, dont le jeune Quentin s'est goulûment nourri pendant toute son enfance. »
Marianne


« Pour varier les plaisirs, il varie les traitements, passant du noir et blanc à l'animation et à d'autres styles dont il n'est pas indispensable de connaître l'origine pour les apprécier. »
« Tarantino confirme avec ses choix et sa direction d'acteurs l'une de ses qualités les plus indiscutables : il donne à chacun l'occasion de briller ou de montrer les aspects inusités de son registre. »
« Le résultat est un film d'action qui dépasse en plaisir tout ce qu'on pouvait imaginer. C'est un défi lancé à tous les cinéastes en activité. »
Première

« Kill Bill Volume 1 réussit magistralement son hommage aux films de sabre et aux films de Leone. »
« Il tire une force que les précédents films de Tarantino ne faisaient qu'effleurer, les pics de violence y étant seulement brefs et peu fréquents. »
« Rien, absolument rien ne laissait présager d'une telle puissance modeste, d'une telle simplicité dévastatrice, d'un tel plaisir de cinéma. »
« Le cinéma d'action ne dépend peut-être plus que de Quentin Tarantino. »

DVDAlliance.com

Musique:

Amesure que le film prenait forme sur le papier, la BO prenait forme dans l'esprit de Tarantino. Passionné de musique autant que de cinéma, le réalisateur associe intimement écriture et choix musicaux.

Quentin Tarantino : "J'ai du mal à avancer dans l'écriture tant que je n'ai pas trouvé le premier morceau musical qui mettra les spectateurs dans l'ambiance. J'ai très vite su que celui de KILL BILL serait "Bang Bang (My Baby Shot Me Down)", et j'ai eu en tête le flamenco du combat dans le jardin enneigé avant même d'écrire cette scène. C'est la musique qui m'aide à trouver le rythme, la pulsation du film."

Nombre des morceaux qui ponctuent les films de Tarantino sortent de sa discothèque, riche de milliers de bandes originales. Outre diverses chansons de Sinatra, du grand chanteur de rockabilly Charlie Feathers, du trio de guitaristes nippons The 5.6.7.8's et de l'obscur groupe allemand Neu !, la BO de KILL BILL comprend une ample et minutieuse sélection de musiques de films de genre.

Parmi celles-ci : la musique de Luis Bacalov pour le western LE GRAND DUEL (1972), durant le flash-back en "animé" de la mort du père de O-Ren Ishii ; une plage, signée Bernard Herrmann, du thriller TWISTED NERVE (1968) ; le mélancolique thème d'Enka, tiré du film yakusa de Kinji Fukasaku BATTLES WITHOUT HONOR OR HUMANITY ; la composition d'Isaac Hayes "Run Fay Run" pour le film de "blaxploitation" italien THREE TOUGH GUYS ; l'entraînant "Flower of Carnage", écrit et interprété par la star japonaise Meiko Kaji, dont le personnage le plus célèbre, Lady Snowblood, inspira celui d'O-Ren Ishii. Enfin, deux musiques de séries TV des années 70 : un riff du trompettiste Al Hirt sur "Le Frelon Vert" et une pincée de la musique du générique de "L'Homme de Fer", signée Quincy Jones, qui devient ici le thème principal de la Mariée.

Quentin Tarantino : "Si mes BO marchent bien, c'est sans doute parce qu'elles sont issues de choix personnels et sont le reflet authentique de mes films. Ces albums ne sont pas de simples sélections de morceaux "vendeurs". Tout se passe comme si je vous livrais avec eux une cassette de mes morceaux favoris. La qualité sonore en plus..."

Pour la sélection des chansons et la composition de la musique originale, Tarantino se tourna vers The RZA, brillant producteur de plusieurs albums du groupe hip-hop Wu-Tang Clan, qui a puisé une part de son inspiration et de ses sonorités des films d'arts martiaux chinois. The RZA a également produit plusieurs albums solo (dont deux sous le nom de Bobby Digital) et écrit la musique du film de Jim Jarmusch GHOST DOG, LA VOIE DU SAMOURAI (1999).

Quentin tarantino:

Quentin Tarantino, né en 1963 à Knoxville (Tennessee), doit son prénom au personnage de "Quint", le forgeron métisse interprété par Burt Reynolds dans la série western "Gunsmoke". Il a deux ans lorsque sa mère, célibataire, s'installe avec lui dans la région de South Bay, au sud de Los Angeles, où il passera les deux décennies suivantes. Dans son quartier pluriethnique de Torrance, le jeune Tarantino est exposé à une multiplicité de cultures populaires et s'imprègne des styles de cinéma les plus divers. Les films d'arts martiaux, notamment, seront encore programmés dans les quartiers blacks bien après la fin de la vogue du kung-fu, et Tarantino pourra ainsi continuer à s'en rassasier jusque vers la fin des années 70.

À dix-sept ans, Tarantino quitte le lycée pour suivre des cours de comédie qu'il finance grâce à de petits boulots. À vingt-deux ans, il se trouve un nouveau port d'attache : embauché comme vendeur aux Video Archives de Manhattan Beach, sa connaissance encyclopédique des vieux films peut enfin s'épanouir et il fait de cette boutique - avec ses collègues Roger Avary et Jerry Martinez - une véritable école de cinéma bis. C'est également à cette époque qu'il commence à écrire pour son cours de comédie.

Après avoir travaillé avec Avary et un groupe d'amis à un projet de long métrage à très petit budget, MY BEST FRIEND'S BIRTHDAY, Tarantino connaît plusieurs années frustrantes durant lesquelles il tente vainement de monter deux autres de ses scripts. En 1991, il écrit RESERVOIR DOGS, long métrage minimaliste richement dialogué, susceptible d'être filmé dans un seul décor. À l'époque, il pense en tirer un film en 16 mm ultra-cheap dont ses copains de Video Archives et lui-même tiendraient les rôles principaux.

Par chance, un jeune et ambitieux producteur, Lawrence Bender lit son script, en tombe amoureux et demande à Tarantino d'attendre un mois pour essayer d'en faire un "vrai film". Bender fait passer le scénario à Harvey Keitel qui s'enflamme pour le projet, rameute plusieurs autres excellents comédiens et permet au film de bénéficier d'un budget décent. Tourné en extérieurs à Los Angeles en moins d'un mois, RESERVOIR DOGS jouit d'un casting brillant : Harvey Keitel, Michael Madsen, Steve Buscemi, Tim Roth, Lawrence Tierney, Chris Penn et Tarantino lui-même. Il remporte un triomphe au Festival de Sundance et, bientôt, à travers le monde entier. Devenu soudain "hot", Tarantino vend sans mal les deux scénarios écrits avant RESERVOIR DOGS : TRUE ROMANCE (que Tony Scott réalise en 1992) et TUEURS NÉS qu'Oliver Stone tourne en 1993 après l'avoir abondamment réécrit.

En 1994, Tarantino signe le jubilatoire PULP FICTION, un extravagant collage de styles où s'entrecroisent plusieurs histoires policières et une série de personnages hauts en couleur. Jeux virtuoses sur les codes du polar, le temps et l'espace, séquences musicales ébouriffantes, humour à l'emporte-pièce, envolées lyriques et bouffées de violence à couper le souffle... Le film remporte la Palme d'Or à Cannes, relance de façon spectaculaire la carrière de John Travolta, conforte le statut de Samuel L. Jackson - impayable en tueur philosophe - et inaugure la féconde collaboration de Tarantino avec celle qu'il appellera joliment "mon actrice" : Uma Thurman.

Après un hiatus de trois ans, Tarantino écrit et réalise en 1997 JACKIE BROWN d'après le roman policier d'Elmore Leonard "Rum Punch". Pam Grier, idole du cinéma d'action black des années 70 y remporte une double citation au Golden Globe et au Screen Actors Guild, tandis que son partenaire Robert Forster se voit cité à l'Oscar du meilleur second rôle masculin. Ce casting de rêve est complété par Samuel L. Jackson (également cité au Golden Globe), Robert De Niro, Bridget Fonda et Michael Keaton.

Tarantino, dont le but initial était de devenir acteur, continue de jouer dans ses films et ceux d'autres réalisateurs. Après avoir interprété Mr. Brown dans RESERVOIR DOGS et Jimmie Dimmick dans PULP FICTION, il joua un réalisateur dans le sketch "The Man From Hollywood" de FOUR ROOMS, puis le frère barge de George Clooney dans UNE NUIT EN ENFER de Robert Rodriguez. Il personnifia aussi le Destin dans le film de Jack Baren DESTINY TURNS ON THE RADIO (1995) et apparut brièvement dans GIRL 6 de Spike Lee (1996). Sur scène, il incarna durant quelques semaines face à Marisa Tomei le méchant dans la pièce à suspense de Frederick Knott Wait Until Dark.

Associé à Lawrence Bender à la tête de la société A Band Apart, Tarantino a exercé les fonctions de producteur exécutif sur KILLING ZOE de Roger Avary. Il a également "présenté", sous la bannière Miramax, le film d'arts martiaux de Yuen Wo-Ping IRON MONKEY et assuré la production exécutive de la comédie grinçante de Reb Braddock CURDLED (1996) et du film de concert de Julia Sweeney GOD SAID "HA"! (1999). Au cours des quatre dernières années, Quentin Tarantino a aussi travaillé au script d'une épopée guerrière : INGLORIOUS BASTARDS, qui figure parmi les projets Miramax de l'année 2004.

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27 novembre 2004

Kill Bill Volume 2 Je suis fan de Quentin

Kill Bill Volume 2

 

Je suis fan de Quentin Tarantino. J'ai découvert, il y a quelques mois, son dernier film: J'adore!!! J'ai acheté derniérement le coffret* collector limité, j'en profite donc pour vous faire partager ma passion du moment. Voici tout ce que j'ai trouvé sur internet à propos de Kill Bill volume 2.

*Le coffret collector de Kill Bill  

 

Synopsis:

Après s'être débarrassée de ses
anciennes collègues Vernita Green
et O-Ren Ishii, la mariée poursuit sa quête
vengeresse dans Kill Bill Volume 2.

Il lui reste à régler le sort de Budd
(Michael Madsen) puis de Elle Driver
(Daryl Hannah) avant d'atteindre
le but ultime : tuer Bill (David Carradine).

Critique de la presse:

"Oui, ce mélo-spaghetti - alors que Kill bill Volume 1 s'apparente plus à un shoot'em up d'arts martiaux - fonctionne toujours "en référence à" (citons, par exemple, Evil dead; Psychose; Baby Cart; Le Bon, la Brute et le Truand...).
Oui Tarantino pille le Cinéma bis et manipule le public.
Mais il fait tout ça avec un tel naturel et y croit si fort qu'il en tire une oeuvre aussi majestueuse que personnelle."

Nicolas Schaller - PREMIERE

"De la cinéphilie distillée à haute dose, mais ce n'est pas tout. A la différence du premier volume, Kill Bill Volume 2 est un film émouvant, une sorte de mélo conjugal qui préfère cependant les grincements de dents aux épanchements lacrymaux.
La tendresse de Tarantino pour ses personnages déborde cette fois de tous côtés. De longs instants de face à face où la caméra se pose, où le dialogue baigne dans une ironie acidulée...
Du pur nectar verbal comme ingrédient, un de plus, d'une suite jouissive par bien des aspects."
Marc Toullec - CINELIVE

"Certes dans Kill bill Volume 2 il y a encore quelques combats fulgurants au sabre à ravir les amateurs du genre, ou des scènes d'un sadisme tout tarantinien...
Mais ce film marque surtout le retour du réalisateur sur son territoire. Celui des longues plages de dialogues, des séquences jouissives de duel oral, où les mots sont parfois aussi tranchants que la lame d'une épée, aussi mortels qu'une balle."
Un film très émouvant. " Après le sang, les larmes. Qui l'eût cru? Encore une fois, Tarantino nous a eus. En beauté. Et déjà on compte les jours qui nous séparent de son prochain film."

Patrick Fabre - STUDIO

"Kill Bill est devenu plus clair, plus dense, plus vrai. En un mot : incontournable. Cette seconde partie n'est pas un deuxième film à proprement parler, elle est la continuité du premier métrage. Aller voir Kill Bill Volume 2 sans avoir au préalable savouré le Volume 1 serait une hérésie. Ce second film définit son histoire, et met en exergue les rapports entre les personnages, qui définissent leurs actions, leurs statures et même leur mort. Il met en évidence la qualité scénaristique du premier volume et propose plusieurs niveaux de lecture à Kill Bill. En attendant l'ultime version de Quentin Tarantino : le film complet."
Cédric Melon - DVDRAMA.com - LECINEMA.net

Musique:

La veine américano-mexicaine prédominante de KILL BILL Volume 2 imprègne la bande originale, où l'on retrouve le "Can't Hardly Stand" du grand chanteur de rockabilly Charlie Feathers, des extraits de la musique d'Ennio Morricone pour LE BON, LA BRUTE ET LE TRUAND, aussi bien que "Urami Bushi" ("Chant d'amour du guerrier"), interprété originellement par Meiko Kajhi dans le film de samouraïs LADY SNOWBLOOD 2 : LOVE SONG OF VENGEANCE (1974).

Les fans de Tarantino savent qu'il est aussi mélomane que cinéphile. Jeune – avant l'arrivée de la vidéo -, les bandes originales de films étaient le seul outil dont il disposait pour revivre ses émotions cinématographiques et les prolonger. À l'écoute de ces disques, Tarantino se remémorait ses scènes favorites, les réinventait et en improvisait de nouvelles, se préparant ainsi à réaliser un jour ses propres films. Aujourd'hui, ses choix musicaux sont étroitement mêlés à la rédaction et à la fabrication de ses films : "J'ai du mal à avancer dans l'écriture tant que je n'ai pas trouvé le premier morceau musical, qui mettra les spectateurs dans l'ambiance", confie-t-il.
Ce processus se poursuit en cours de tournage, car Tarantino fait jouer ces musiques sur le plateau, pour stimuler ses acteurs ou imprimer la rythmique appropriée à chaque combat.
Pour la musique du Volume 2, Tarantino s'adressa encore à
The RZA, producteur de divers albums du groupe hip-hop Wu-Tang Clan qui puise une partie de son inspiration (et certains sons) dans les films d'arts martiaux chinois. The RZA (on prononce "Riza") a aussi produit des albums solo, dont deux sous le nom de Bobby Digital, et a créé les musiques de GHOST DOG : LA VOIE DU SAMOURAI de Jim Jarmusch et KILL BILL Volume 1.

Ami et collaborateur occasionnel de Quentin Tarantino, le scénariste, réalisateur et compositeur Robert Rodriguez a signé ici certaines des musiques des séquences mexicaines, après avoir notamment écrit, pour son propre compte, les partitions de la trilogie SPY KIDS et du film d'action DESPERADO 2 – IL ÉTAIT UNE FOIS AU MEXIQUE.

Coulisse du film

Lawrence Bender (Producteur) :
"Aller en Chine a été la plus heureuse de toutes nos décisions. Une fois sur place, Quentin a tenu à bénéficier pleinement des forces vives du pays. Il ne voulait pas faire venir une équipe 100% américaine qui aurait dicté sa loi. Résultat : nos décorateurs japonais et chinois ont accompli ensemble des prodiges que nul ne pouvait escompter."

Tarantino, Bender et les principaux interprètes de KILL BILL débarquèrent en Chine en mai 2002 pour continuer l'entraînement et débuter les répétitions. À la mi-juin, le producteur délégué E. Bennett Walsh, les producteurs associés Dede Nickerson et Koko Maeda et le chef opérateur Robert Richardson avaient réuni une équipe technique multinationale intégrant plusieurs escouades de traducteurs et avaient entamé le travail aux Studios de Pékin.

KILL BILL a employé pas moins de trois chefs décorateurs (un Chinois, un Japonais, un Américain), deux chefs costumiers et chefs accessoiristes chinois et américains, une équipe d'assistants chinois et américains, la coordination de l'ensemble des acteurs et techniciens étant assurée par le premier assistant américain Bill Clark (PULP FICTION, JACKIE BROWN) et son homologue chinois, Zhang Jin Zhan.

Lawrence Bender :
"Les méthodes de travail américaines et chinoises présentent des différences fondamentales. L'américaine repose sur une spécialisation poussée, chaque poste technique étant tenu par une ou deux personnes qui ne font rien d'autre. Résultat : un plateau ordonné et une ambiance très concentrée. En Chine, en revanche, la moindre opération mobilise vingt types qui vont se démener, faire un boucan d'enfer… et obtenir très vite des résultats." Un exemple éloquent de cette efficacité : lors de sa première journée de tournage en Chine, l'équipe réalisa vingt-deux plans, un record impensable pour une production hollywoodienne classique. Le séjour aux Studios de Pékin fut interrompu durant une semaine pour le tournage des séquences d'entraînement au kung-fu Shaolin réunissant Uma Thurman, Daryl Hannah et Gordon Liu. Le décor de cet épisode est le Temple Gao, situé à proximité de la ville de Zanghwei et construit au XVIIe siècle. On y accède par un immense escalier de 240 mètres dont la montée donnait à l'équipe et aux comédiens un petit avant-goût des "plaisirs" à venir.

Après avoir fourni dans son scénario une description très précise des scènes d'action, Tarantino continua à les peaufiner une année entière au fil de la préparation, de l'entraînement et des répétitions. À Pékin, entouré de traducteurs japonais, mandarins et cantonais, Tarantino décrivit et/ou interpréta chaque plan sous le regard de l'équipe technique, des acteurs, de Maître Yuen et ses voltigeurs. Tout le monde était donc fin prêt à l'arrivée au Temple Gao.

Maître Yuen Woo-Ping a appris son métier auprès de son père, feu Simon Yuen Hsiao-tien, acteur de cinéma et illustre figure de l'opéra de Pékin. Devenu réalisateur, Woo-Ping lui attribua le rôle-titre de DRUNKEN MASTER (1978), film dont Jackie Chan tenait la vedette. Maître Yuen souligne que les techniques qu'il enseigne sont d'essence théâtrale plutôt qu'orientées vers le combat.

Yuen Woo-Ping :
"Ce sont des acrobaties et des arts martiaux conçus pour la scène et typiques de la Chine du Nord. C'est totalement différent des combats de kung-fu et même du wushu, discipline inventée en Chine et que pratique Jet Li. Ce qu'on vous apprend à l'opéra de Pékin ressemble aux arts martiaux, mais c'est en réalité complètement différent car pensé pour la scène ou la caméra. Bref, pour le spectacle."
Et Daryl Hannah de préciser : "J'ai été entraînée pour ce film à donner des coups très rudes… arrêtés à quelques centimètres du visage de l'adversaire. J'ignore quel en serait l'effet en cas de contact!"
Le grand public a découvert Maître Yuen grâce à MATRIX et TIGRE ET DRAGON, mais Tarantino en était fan bien avant sa percée hollywoodienne. C'est d'ailleurs grâce à lui que le film de Yuen, IRON MONKEY, a été distribué par Miramax aux États-Unis en 2000, sous la bannière "Quentin Tarantino Présente".

Quentin Tarantino :
"C'est avec sa première réalisation, SNAKE IN THE EAGLE'S SHADOW, interprétée par Jackie Chan, que j'ai découvert Maître Yuen. J'ai commencé à prendre conscience de son style de kung-fu, de ses chorégraphies, vers 1993, et j'ai pu dès lors distinguer son apport de celui de ses collègues.
J'ai trouvé que ses chorégraphies, d'un professionnalisme impeccable et d'une créativité débridée, étaient les plus imaginatives de tous les temps. Parmi tous les réalisateurs et chorégraphes de films d'action, c'est lui que j'admire le plus. Dans ce film, j'ai défini la structure des scènes d'action. Yuen m'a dit que je n'avais pas besoin de connaître à fond le kung-fu : il me suffisait de bien comprendre les films de kung-fu, et lui se chargerait du reste. Sa présence m'a donné confiance et m'a permis de concrétiser toutes les idées qui me passaient par la tête."
Légende vivante du cinéma de Hongkong, Gordon Liu a étudié les arts martiaux chinois dès l'âge de sept ans. C'est un Maître aussi accompli que Yuen. Comment se déroula la rencontre de ces deux grands artistes? On ne peut plus cordialement, assure Gordon Liu.

Gordon Liu :
"Nos formations diffèrent, mais nous avons l'un pour l'autre un grand respect. Maître Yuen a appris un style d'arts martiaux propre au nord de la Chine, alors que le mien est typique du sud. Cela n'a pas engendré la moindre tension sur le plateau car nous avons tous deux une longue expérience du cinéma et avons travaillé avec des partenaires et des chorégraphes très divers. J'ai eu grand plaisir à collaborer avec Maître Yuen."

Les deux approches n'en présentent pas moins des différences fondamentales. Gordon Liu a tourné la plupart de ses films à Hongkong sous la direction de son "parrain" Liu Jian-liang, attaché à une représentation authentique des arts martiaux régionaux. À l'inverse, Yuen est connu à travers le monde pour ses chorégraphies aussi gracieuses et aériennes que fantaisistes.

Gordon Liu :
"Maître Yuen a œuvré en artiste sur TIGRE ET DRAGON, mais ses magnifiques combats étaient tout sauf réalistes. Je savais que Quentin aspirait à tout autre chose, qu'il voulait de vrais affrontements. Et je devinais que le mariage de nos deux approches aboutirait à quelque chose de radicalement nouveau.
"La plupart des acteurs, même ceux de Hongkong, se bornent à apprendre mécaniquement les mouvements nécessaires à une scène d'action. Ce qui revient à apprendre un texte phonétiquement, sans connaître la langue. Uma a travaillé comme cela sur le film. Difficile, dans ces conditions, de donner l'impression qu'on comprend réellement ce qu'on est en train de faire. Quentin et Maître Yuen attendaient d'elle les meilleurs résultats, et c'est à moi qu'il incomba de rendre nos affrontements crédibles, de mettre Uma pleinement en valeur tout en garantissant sa sécurité.
"Les arts martiaux chinois sont particulièrement difficiles pour les débutants et pour les personnes de grande taille. Ce n'est pas un hasard si la plupart des superstars du film d'action – Bruce Lee, Jackie Chan, Jet Li – sont de taille modeste. Plus vous êtes petit, plus votre centre de gravité est bas, plus c'est facile. Uma partait donc avec un double handicap, mais cela ne l'a pas découragée. Son ardeur et sa persévérance m'ont profondément impressionné. Elle ne s'est jamais contentée d'une prise approximative, elle a fait et refait les scènes jusqu'à atteindre le niveau d'excellence qu'elle s'était fixé."

Uma Thurman :
"Au terme de mon entraînement, j'avais le sentiment d'avoir acquis certaines aptitudes au combat. Durant la dernière semaine, j'ai travaillé la chorégraphie à un rythme quotidien, afin d'assimiler les centaines de mouvements et combinaisons de cette scène. Mais une fois sur le plateau, Quentin a zappé toute cette chorégraphie, m'obligeant à assimiler "à chaud" cinq, dix, quinze points précis par plan, tandis que l'équipe caméra attendait patiemment que je sois prête! J'ai soudain réalisé que ce que Woo-Ping m'avait inculqué de plus précieux était d'apprendre… à apprendre.

Les acteurs découvrirent cependant qu'aucune mise en forme ne vous prépare totalement à la réalité d'un combat.

Yuen Woo-Ping :
"Chaque mouvement est réglé en fonction de la caméra. Pour truquer un coup, on choisit, classiquement, un angle qui masque le point d'impact. Mais, parfois, l'objet de la scène est de mettre en évidence la rudesse du coup porté. Un contact direct s'impose alors, et l'acteur mettra tout son talent à "vendre" l'effet, en feignant d'accuser un coup d'une grande violence."
Le tournage en Chine fut pour Tarantino une occasion unique de "communier" avec l'un de ses grands maîtres.

 

Quentin Tarantino :
"Les deux sociétés de production pour lesquelles j'ai une affection particulière sont la New World de Roger Corman dans les années 70 et la Sir Run Run Shaw des Frères Shaw. Et, pour moi, l'as des réalisateurs de cette dernière fut Chang Cheh. Il occupe au sein de la vieille école du film de kung-fu la place de John Ford dans celle du western. C'est lui qui signa en 1967 le premier vrai film d'arts martiaux : ONE-ARMED SWORDSMAN, avec Jimmy Wang Yu. Cet authentique pionnier est mort en 2002 durant les prises de vues de KILL BILL et j'ai parfois senti son esprit planer sur nous."

Le fantôme de Chang Cheh intervint même dans la résolution d'un petit problème technique…

Quentin Tarantino :
"Pour simuler un jet de sang, on utilise aujourd'hui des dispositifs relativement sophistiqués : tubes pressurisés, amorces, etc. Moi, j'avais envie d'oublier que nous étions sur un film à gros budget et je voulais me retrouver dans l'état d'esprit d'un gamin de treize ans qui tourne en amateur dans le jardin de ses parents. C'est alors que Yuen m'a dit : "Sais-tu comme on procédait jadis? On donnait un préservatif rempli de sang à l'acteur censé recevoir un coup de sabre, et lors de l'impact, celui-ci pressait la capote et en faisait jaillir le liquide. Le résultat était spectaculaire. On le doit à Chang Cheh." On a essayé, et c'était réellement excellent. Je n'aurais pas réussi à obtenir la moitié des effets recherchés sans cette astuce."


27 novembre 2004

Mon auteur favori en quelques lignes... « Quand

 

Mon auteur favori en quelques lignes...

 

« Quand j'étais gosse, je voulais être un saint, confiait-il volontiers, trouver un remède à toutes les souffrances des hommes. Résultat : à 16 ans, je traînais dans tous les bordels d'Europe, une bouteille de gnôle à la main".

Né à Brooklyn en 1928, Hubert Selby Jr («Jr parce que mon père se prénommait aussi Hubert») a en effet 15 ans lorsqu'il s'engage dans la marine marchande. «J'avais toujours rêvé de prendre la mer», racontera-t-il. «Assis au bord des docks, je jouais au bateau pendant des heures. D'ailleurs, si je n'étais pas tombé gravement malade, je n'aurais jamais abandonné la mer.» Seulement, en 1946, après avoir écumé la plupart des ports européens, Selby est hospitalisé de toute urgence, souffrant de la tuberculose. Les médecins lui annoncent qu'il a deux mois à vivre. Il va, en fait, rester quatre ans à l'hôpital : «On m'a enlevé dix côtes pour me soigner les poumons, coupé par-ci, trafiqué par-là... De cette époque, durant laquelle j'étais constamment dans le brouillard, je garde le souvenir d'avoir été atrocement malheureux.»

Tenu de garder la chambre pendant sa convalescence, Selby prend l'habitude de faire le mur pour passer ses nuits à boire comme un trou. Au petit matin, on le ramasse ivre mort, sur le bord du trottoir ou dans le caniveau : «J'étais un alcoolique irrécupérable. Comme mon père qui est mort saoul à 78 ans. Moi aussi, je me suis pratiquement tué à boire...»

Corrosif. Lorsque, se forçant à s'installer devant une machine à écrire, il entame, à 28 ans, la rédaction de ce qui deviendra son premier roman («C'est à l'hôpital, expliquera-t-il, que j'ai commencé à lire avant d'éprouver le besoin d'écrire»), Hubert Selby Jr se sent déjà fini. Durant son séjour hospitalier, il a reçu trois fois l'extrême onction et la mort est désormais son quotidien. Toutes les conditions sont donc réunies pour donner naissance, en 1964, à Last Exit to Brooklyn, roman corrosif consacré aux déclassés de l'Amérique (prostituées, travelos, malfrats, drogués...) et appelé à devenir illico best-seller. «Last Exit a été un succès aux Etats-Unis parce que les lecteurs pouvaient porter un regard condescendant sur les personnages», analysera lucidement son auteur. «Mais avec les romans qui vont suivre, le Démon notamment, rien ne va plus aller. Ce ne sont pas les bas-fonds qui sont en cause, mais le rêve américain. Même chose pour Retour à Brooklyn : les gens ne veulent pas en entendre parler.»

Sept ans après le triomphe mondial de Last Exit, la Geôle, le deuxième roman de Selby, bien qu'acclamé par la critique, se révèle un flop (2 000 ex.), qui va profondément affecter l'écrivain. «C'est un peu décourageant, admettra celui-ci. La Geôle a obtenu des critiques que je n'aurais même pas osé écrire moi-même, comme Walt Whitman avait coutume de le faire. Pourtant, vingt ans après sa publication, personne aux Etats-Unis ne connaît l'existence de ce livre.»

Drogue. Contraint d'accepter n'importe quel job pour subsister, Selby se retrouve employé dans une station-service à deux dollars de l'heure, afin de nourrir sa famille. Et c'est un homme en lambeaux qui publie successivement le Démon (1976) et Retour à Brooklyn (1979). Un homme qui, après l'enfer de l'alcool, va connaître celui de la drogue : «Dans un sens cela ne m'a pas été trop difficile d'arrêter l'héroïne : je me suis fait incarcérer et on m'a collé dans une cellule isolée. Je suis restée deux mois en taule puis un mois à l'hôpital. Une fois sorti, je n'ai plus touché à la drogue. Mais je me suis remis à picoler de plus belle.»

C'est en prison qu'Hubert Selby Jr a conçu le Bruit, l'une des nouvelles-chocs du recueil Chanson de la neige silencieuse, paru en 1988 : «Le Bruit m'a mené directement à la Geôle, qui est un livre strictement musical dans sa structure même. Très jazz, bien sûr, mais également proche de la musique classique.»

Jazz. Car la musique joue un rôle capital non seulement dans l'oeuvre («J'écris à l'oreille», affirme-t-il) mais dans la vie de Selby. A commencer par ce jazz des années fastes qu'il aime consommer sur place, avidement, dans les clubs new-yorkais : «Je restais toute la nuit à écouter Coltrane, Thelonious Monk, Al Haig, Bobby Timmons, Miles Davis. A l'époque, les musiciens se retrouvaient en clubs parce qu'ils avaient envie de jouer ensemble, d'essayer de faire des choses qu'ils ne pouvaient pas faire ailleurs. Un soir l'un d'eux ne venait plus, et on lisait dans le journal qu'il était mort. Lee Morgan, par exemple. Je me souviens bien de lui parce qu'il était là toutes les semaines. Puis soudain, il a reçu six balles dans la tête, et il était mort. Très très mort. ça fait cet effet-là, six balles. On n'a même pas mal à la tête, on tombe raide mort, c'est tout. La vie ne tient qu'à un fil.»

Lignes flottantes. Pourtant, la principale influence musicale que Selby revendique à propos de ses romans est celle du compositeur sourd Ludwig Van Beethoven : «Si simple, si évidente, l'une des choses les plus profondes du monde. Tout est logique, inévitable mais jamais prévisible. Dans Last Exit, j'ai travaillé dur pour développer cette espèce de topographie : la chute de lignes, les lignes flottantes sont toujours comme des citations musicales. Quand j'écris, j'essaie non seulement de raconter une histoire, mais de faire partager au lecteur une expérience émotionnelle. Je ne peux pas séparer la vie de la musique. Sans celle-ci je crois que je mourrais.»

Ironie du sort, Selby le mélomane s'est vu sur le tard invité à intégrer la culture rock, non sans une certaine réticence de sa part : «Je n'ai rien à voir avec ça. Je suis ignare en matière de rock. J'écoute de plus en plus de classique et de baroque.» A la fin des années 1980, au Roxy de Los Angeles, il a ainsi participé, en compagnie d'Henry Rollins et de Lydia Lunch, à des séances de lectures hardcore intitulées Tough Guys Talk Dirty, se découvrant pour l'occasion un nouveau public, familier de ses écrits. «Des gosses plus jeunes que mes propres enfants, s'étonnera-t-il, qui n'ignoraient rien de moi.»

Cinéma. Au même moment, après des années de tergiversations et d'initiatives avortées, Last Exit to Brooklyn était enfin porté à l'écran, par le cinéaste allemand Uli Edel (Moi Christiane F... 13 ans, droguée, prostituée), avec Selby lui-même en figurant.

On pouvait alors penser que le fou furieux d'antan avait enfin cédé la place à un vieux monsieur raisonnable. Erreur. «J'ai toujours rêvé d'être raisonnable, reconnaîtra-t-il, mais il y a cette voix à l'intérieur qui me répète sans arrêt : "Tue-le donc, ce fils de pute !" Je me suis toujours senti comme un champ de bataille. J'ai toujours essayé de vaincre le Diable, mais à chaque fois il est revenu. Un jour, j'ai décidé de ne plus me battre avec lui. Dès ce moment, j'ai pu prendre du recul, revoir les choses que j'avais faites durant ma vie, les pensées et les peurs qui se dissimulaient derrière mes pulsions destructrices, et abandonner une bonne fois pour toutes ces conceptions malfaisantes». Ouf.

«Si tout se passe dans la dignité, il sera prix Nobel d'ici à 1990. Mais il sera peut-être mort avant», écrivait également, il y a tout juste vingt ans, ce journal à propos d'Hubert Selby Jr, à l'occasion d'une réédition de Last Exit to Brooklyn.

Selby n'a pas été «nobélisé». Il n'est pas mort non plus avant 1990, mais lundi 26 avril 2004, à son domicile de Los Angeles, des suites d'une insuffisance pulmonaire chronique, consécutive à cette tuberculose contractée jadis dans la marine. Il lui aura donc fallu soixante-quinze ans pour connaître enfin le repos. La sainteté peut attendre.

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Le reine du crime...
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